Déontologie et neutralité
Déontologie et neutralité : répondre à une question de principe
Les questions de déontologie ne cherchent pas votre morale personnelle : elles vérifient que vous savez nommer une règle, agir dans le cadre et rendre compte. C'est une question à haut risque, parce qu'une réponse héroïque ou complaisante disqualifie aussi sûrement l'une que l'autre.
Situation d'entraînement rédigée par JuryUp : ce n'est pas un sujet officiel, les jurys du concours ne publiant pas les questions posées aux candidats.
La situation posée
« En patrouille, votre collègue tient des propos méprisants sur l'origine d'une personne que vous venez de contrôler. Que faites-vous ? »
Pourquoi le jury pose cette question
- Le code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale impose le respect absolu des personnes, sans distinction d'origine.
- Le jury doit s'assurer que le futur agent ne se rendra ni complice ni justicier.
- La capacité à traiter un problème avec un collègue, puis à en référer, conditionne la vie en service.
Ce qu'une bonne réponse doit montrer
- Nommer la règle : respect des personnes sans distinction, neutralité, dignité de la fonction.
- Distinguer le moment de l'intervention — où l'on ne règle pas ce différend devant le public — et l'après.
- Dire précisément ce que vous faites : reprendre le collègue en aparté, immédiatement après l'intervention.
- Indiquer la suite si les propos se répètent : en référer au supérieur hiérarchique.
- Assumer que le silence répété vous rendrait solidaire du comportement.
- Rester mesuré : pas de dénonciation spectaculaire, pas de leçon de morale publique.
Erreurs à éviter
- Répondre « je ne dis rien, ce n'est pas mon rôle » : le jury y voit une démission déontologique.
- Annoncer un signalement immédiat à la hiérarchie sans avoir parlé au collègue, pour un propos isolé.
- Régler la question devant la personne contrôlée, au détriment de l'intervention en cours.
- Se réfugier derrière la solidarité d'équipe.
- Réciter des articles sans dire ce que l'on fait concrètement.
Structure de réponse possible
- La règle applicable, en une phrase.
- Ce que vous faites pendant l'intervention : rien qui la compromette.
- Ce que vous faites juste après : l'échange direct avec le collègue.
- Ce que vous faites si cela se reproduit : le compte rendu hiérarchique.
- La raison de fond : l'image du service et la confiance de la population.
Relances possibles du jury
- « Et si ce collègue est plus ancien que vous, et qu'il le prend mal ? »
- « Où placez-vous la limite entre une maladresse et un propos discriminatoire ? »
- « Votre chef ne fait rien de votre signalement : que faites-vous ? »
- « Et si la personne contrôlée avait entendu ? »
Points à réviser
- Le code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale.
- Les obligations des agents publics : neutralité, dignité, discrétion professionnelle.
- Le devoir de rendre compte et la règle de l'ordre manifestement illégal.
S'entraîner sur cette situation
Répondez à voix haute en deux minutes maximum, sans notes, puis enchaînez sur une relance. Reprenez la même situation deux jours plus tard : la réponse doit être plus courte, plus factuelle, et mieux articulée au cadre déontologique.
JuryUp est un service d'entraînement indépendant, sans lien avec le ministère de l'Intérieur ni avec la police nationale. Les conditions d'accès, le nombre de postes, les dates, les coefficients et les barèmes de votre session figurent dans l'arrêté d'ouverture et l'avis de concours publiés par le ministère, qui prévalent sur toute autre information. Les situations d'entraînement proposées ici sont rédigées par JuryUp et ne sont pas des sujets officiels.